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Alexeï Vassiliev Etude 5/5/2008 Blues square

 

 Entendu sur une terrasse de restaurant de Taganga

 

[...] Le flou est une aventure particulière dans l’histoire de la photographie qui nous éloigne du sujet pour mieux s’en rapprocher.

Aux origines, les temps de pause étaient si longs, parfois une heure, que tout être humain qui traversait le cadre, même à pas comptés, n’imprimait pas, disparaissait de l’image finale, littéralement effacé. C’est ainsi que les vues des rues de Paris au XIXe sont étonnamment désertes ou que les «reportages» sur la Commune, à l’exception des soldats qui savent se tenir au garde-à-vous, semblent dépeuplés.

 

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Eugène Atget rue Hautefeuille Paris 6e - plaque de verre albuminée 1898

 

Quand le spiritisme fait rage, la photographie, cette fois sciemment floutée, lui donne un sérieux coup de main : spectres, apparitions, fantômes, lévitations d’êtres humains ou de tables tournantes, c’est le grand embouteillage à l’arrière-plan des «instantanés» pris dans les salons médiumniques. Au XXe siècle, les progrès techniques aidant, le flou devenait l’ennemi. Il faut faire place nette. Une photo floue est une photo ratée. Faire le point est un impératif catégorique. Jusqu’à ce que le flou revienne et se venge, au point d’inspirer son nom à une agence photographique, Tendance floue. Mais le flou, c’était fatal, exagère jusqu’à se flinguer quand la protestation contre l’orthodoxie photographique dégénère en pose censément artiste : moins on distingue, mieux c’est. Le flou, ma chérie, le flou ! [...]

 

 

Gérard Lefort dans la rubrique « Regarder Voir » du Mag de Libération "Tout fou, tout flou"

à propos d’une photo qu’Alexeï Vassiliev a prise à Paris et sur laquelle il croît reconnaître Dostoïevski.

 

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Romain Osi Urban moods 2004

 

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Flore-Aël Surun Du désir dans les ailes 2011