L'oeil en chambre

Le seul ouvrage de "technique photo" que je possède, porte une dédicace de ma mère : "Noël 1984, pour ouvrir une carrière de photographe". Avec le temps, submergé par les tirages, l'amateur a accueilli avec joie le numérique, Internet et Photoshop.

03 mai 2009

Libye (2)

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Nikon - scan Epson

BALLADE DESERTIQUE (à quatre voix)

Dans le Sahara, j'ai vu

trois montures de fer,

au pas dans une mer de pierres

et des automobiles naviguer

sur des vagues immobiles.

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On m'a dit que dans ce désert,

Ténéré, comme ils l'appellent,

les hommes sont hantés par des dunes faites gazelles.

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Je ne vois ici

ni mer, ni tentation charnelle,

juste d'appétissantes crèmes

nappées de caramel.

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Mon ami, arrête le thé !

Son sucre à la tête t'est monté,

le Sahara n'a rien d'un paradis ;

faut-il être sot !

La gourmandise te fait oublier

que t'es ici qu'un vermiceau.

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Louons ici et maintenant

cinq magiciens bienveillants :

Ténéré n'est pas le Club Med.

Merci Ahmed, Imren et Mohamed !

Merci Moulaye et Alitou !

Sans vous, sans oublier Salah,

Ce désert nous tordait le cou.

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13 mars 2009

Libye - Fév.mars 2009

Warda - Ana Leeya Meen Rerak

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Lumix

10 janvier 2009

Le maton de la Gare de l’Est

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Présumés coupables, livre et expositions de Raynal Pellicer


Besoin d’une photo d’identité 3.5 x 4,5 cm pour obtenir un laissez-passer au Louvre. Le photographe en bas de chez moi ayant laissé place à une enseigne de chocolaterie belge, direction la Gare de l'est dans laquelle je découvre qu’un centre commercial a envahi la gare en même temps que sa rénovation.

Le long du mur de façade, à l’intérieur, je soupire d’aise à la vue d’une cabine portant le nom du monopole immuable : un Photomaton.

Ici me promet-on, on garantit des photos d'identité "agréées pour la réalisation de papiers officiels". Trop bath !

Quand on appuie sur la touche kaki (couleur prémonitoire), l’appareil se met à parler.

Et là ça ne rigole plus du tout : une voix féminine synthétique vous indique avec fermeté ce que vous devez faire : Une litanie de consignes aussi inattendues que « ne pas pencher la tête », « se tenir la bouche fermée » ou  la très bloquante « ne pas sourire ».

« Ne pas sourire » : y a-t-il consigne plus incongrue depuis l’invention de la photographie qui, dès que le temps de pause put être réduit, fit naturellement du portrait son genre de prédilection ?

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Adalbert Cuvelier Portrait d'homme vers 1852

L’avantage du numérique, c’est que les photos sortent relativement vite.

Sans surprise, au premier coup d’œil, je sais que je détesterai ce cliché.

Patibulaire. Si je me croise, je sursaute et m’enfuie. Avec une gueule pareille, pas d’échappatoire, t’es forcément présumé coupable, derechef incarcéré.

Ma seule consolation, c’est qu’on est des millions à tirer la gueule de la même manière pour respecter des normes nécessaires au contrôle social.

Heu ! A la réflexion, ce n’est pas vraiment une consolation, plutôt un symbole.

Cette époque anthropométrique peut foutre un peu les jetons, non ?

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Camp de Saliers en Camargue 1942-1944

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Le portrait n’est pas l’un des genres de la photographie. Il est la photographie.

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Blaise Bonnevide Portrait carte de visite pris à St Louis du Sénégal vers 1884

Car regarder un portrait photographique, cela ne consiste pas seulement en une expérience de curieux ou d’ethnologue. Cela suppose de croire à la supériorité du réel sur l’idéal. De croire que l’ici-bas vaut tous les au-delà. Voilà pourquoi le portrait n’est pas l’un des genres de la photographie. Il est la photographie. Il en constitue l’apothéose. Il réunit en lui tous les dogmes de la religion moderne. Le désir d’être vu ; la peur de déchoir, de vieillir, de disparaître.

Face à une peinture qui, vaincue par KO, a déserté le genre, le portrait photographique est l’idéal d’une civilisation sans idéal qui recherche, inlassablement, dans le regard de chacun de ses membres, la confirmation de sa propre existence.

François Granon pour Télérama à propos de l’expo portraits-visages à la BNF Richelieu. Nov. 2003

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20 décembre 2008

Les séries d’Alec Soth

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Au Jeu de Paume, j’ai eu le privilège d’une visite d’une heure pour moi tout seul commentée par un jeune homme qui connaissait très bien son affaire.

Sur les conseils d’Emerick, je venais pour Alec Soth.

Le conférencier m’a d’abord utilement précisé la distinction entre reportage (couverture d’un évènement pour la presse) et documentaire. Alec Soth s’inscrit lui dans la filiation d’un documentariste comme Walker Evans , et non d’Ed Ruscha (les Gasolines stations), comme je le croyais, et dont la démarche est celle d’un photographe plasticien.

Ce photographe travaille en séries, mais mon guide m’a accordé que c’était la démarche conseillée à tout candidat à la photographie professionnelle.

Il n’est pas novateur. « Mais alors pourquoi est-il devenu la nouvelle coqueluche de la photographie ? » lui ai-je demandé. « Parce qu’il est bon. - En quoi l’est-il ? »

Mon guide a fait référence au concept de « punctum » de Barthes (La chambre claire) : le détail, la partie de photo sur laquelle le regard accroche, qui suscite l’intérêt, par exemple le gamin sans chaussure dans la famille recomposée qui pose à l’occasion de leur remariage.


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Sur la question de savoir s’il y avait des photographes français novateurs aujourd’hui et en quoi ils l’étaient ? Il m’a cité deux photographes dont Jean-Marc Bustamante qui travaille en séries et dont la particularité des photos est de n’avoir aucun punctum.

J’ai oublié ce qu’il m’a répondu lorsque je lui ai demandé comment de telles photos pouvaient alors échapper à l’ennui de la banalité.

Les grands formats de Soth sont réalisés avec une chambre grand format, les moyens avec une chambre moyen format, et il me rappelle que ce dont il est question c’est de la taille du négatif et donc des possibilités d’agrandissement sans perte de définition. Après, ce qui peut changer, c’est l’objectif. Il en va d’ailleurs de même avec les numériques.

Dans la salle « Dog days Bogota », mon guide m’apprend qu’il vient de la capitale de la Colombie. Il s’appelle Juan.

Jeudepaume.org/ Entrevue avec Alec Soth

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The Farm Angola State Prison (Sleeping by the Mississipi)

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Christina and Jonathan (Niagara)


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28 novembre 2008

Arcadie - Athènes nov. 2008

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Olympeion Hadrien Von Gloeden

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24 novembre 2008

Poursuivis par le passé

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La vie moderne Raymond Depardon

Paul Virilio cite cette phrase d’Octavio Paz que je trouve intéressante : « L’instant est inhabitable, comme le futur ». Donc il n’y a que le passé. Nous, hommes d’images, sommes tout le temps poursuivis par le passé. A l’instant où j’ai filmé cette femme chipaya dans l’Altiplano bolivien, je suis dans le passé. Dès qu’on fabrique une image, on est dans le passé. Le passé possède une force particulière car il nous renvoie à des choses importantes que nous ne voulons plus trop voir. C’est très différent de la nostalgie d’une époque révolue. C’est le passé en tant que présent qui m’intéresse. Fabricants d’images et de sons, nous sommes confrontés à l’enregistrement qui, instantanément, fabrique de l’histoire.

Raymond Depardon dans le Monde 2 du 22 novembre 2008, à l’occasion de l’exposition Terre Natale. Ailleurs commence ici à la Fondation Cartier pour l'art contemporain

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Nouvelle photographie

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Toutes les photographies ont été prises, celles qui ne l’auraient pas encore été le sont en ce moment par les millions d’objectifs qui enregistrent tout, anonymement, à travers le monde. Que reste-t-il au photographe qui n’a pas épuisé son plaisir de voir ? Collecter des visions, les ordonner pour construire de nouvelles sensations du voir… J’ai « arrêté la photo », parce que j’avais la conviction que c’était fini, que cette étape de l’histoire de la photographie dans laquelle je m’étais inscrit, « la mise en scène photographique », était le chant du cygne de la photographie, le dernier stade avant le règne de l’image pure, numérique, publicitaire. Un moment où l’on croyait encore suffisamment au pouvoir de vérité de la photographie pour s’offrir le luxe de construire des fictions vraies.

Bernard Faucon  Le temps d'après (depuis 1997)

La mise en scène photographique désormais la plus facile est celle qu’on réalise sur l’ordinateur pour produire des images inédites, imaginées, fantasmées, impossibles, avec deux options extrêmes : surprendre, faire réfléchir par la recherche de vraisemblance, ou assumer l’invraisemblance à l’instar du bon vieux collage.

Ce WE dans le Monde 2, le photographe Meyer de Tendance Floue, par d’habiles photomontages installe des intouchables dans des lieux dont ils sont exclus, il en fait de même mais de manière volontairement non vraisemblable avec ses portraits décalés africains, dans lesquels le portraituré choisit son arrière plan dans une bibliothèque de photos.

En revanche, contrairement à ce qu’on pourrait penser sans information complémentaire, Denis Darzacq ne fait aucun montage dans ses étonnantes séries La chute, Hyper ou Nu, pas plus d’ailleurs que Philippe Ramette.

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PS Objectivités, la photographie à Dusseldorf au MAM de Paris : la plupart des anciens élèves des Becher travaillent eux aussi avec l’ordinateur (Gursky, Ruff...)

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07 novembre 2008

Athènes / Αθήνα - nov. 2008

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1. Stoa d'Attale 2. L'agora romaine 3. stade panathénaïque 4. Sur le mont Lycabette 5. Temple d'Ephaïstos 6 et 7. Jardin National 8. Vers Gazi 9. Stoa d'Attale

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Musée National d'archéologie (1. Diadumenos)

14 octobre 2008

Bobigny, canal de l'Ourcq - sam. 12/10/8

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Les mêmes murs, toujours différents, ce soir là d'une douceur presque estivale, en Vélib avec F., T. et R.

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Avec le compact numérique de T.

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