Noël 2011
Lumix Panasonic
Rome 14 années plus tard
Lumix Panasonic
Foro Italico ; Villa Médicis ; Palazzo Doria Pamphili ; Palazzo Corsini ; Maxxi ; Palazoo Sciarra ; Chiostro del Bramante
Invierno 2011
Aux Açores (dernier acte)
Bande de lecture Nikon scannée sur HP desjet 3050
« From here on » : L’extension du domaine Duchamp
http://www.corinnevionnet.com/
L’exposition « From here on »[1] présentée aux Rencontres d'Arles réunit trente-six artistes dont le travail a été réalisé à partir de photos vernaculaires[2] dénichées sur la Toile. Certaines images ont été prises à partir de caméras de surveillance, d'autres de portables, d'autres encore proviennent d'eBay ou de Google Street View.
A cela, rien de nouveau, juste la reprise de pratiques artistiques anciennes : récupération, appropriation, détournement, que les TIC (technologies de l’information et de la communication), en particulier le flux continu d’images sur Internet, permettent de systématiser et de pousser à l'extrême.
Une exposition qui n’aurait pas été possible il y a encore six ans puisqu’aucune de ces ressources n’existaient alors sur Internet ou commençaient à peine à émerger.
Dans une entrevue accordée à Télérama, Erik Kessels, un des organisateurs de l’exposition, cite par exemple Corinne Vionnet, qui « a récupéré sur Flickr des photos de vacances de touristes lambda prises sur les sites les plus visités de la planète, comme la tour de Pise ou la Cité interdite, puis elle les a superposées les unes aux autres ; la synthèse ressemble à un tableau impressionniste. Mishka Henner a trouvé sur Google Earth des vues satellite de paysages de Hollande dont une partie a été floutée pour des raisons de sécurité. Cela produit une image où se mêlent photo aérienne et excroissances numériques un peu inquiétantes. Kurt Caviezel a récupéré des photos de webcam brouillées par la présence d'un insecte ou la queue d'un oiseau posé sur l'appareil. »
Photo opportunities - Corinne Vionnet
Pour Erik Kessels, ces artistes « développent davantage des pratiques d'éditeurs que de photographes. » Leur travail ne passe plus par un appareil photo. Il consiste essentiellement à explorer la Toile, à sélectionner des photos qu’ils trouvent les plus pertinentes pour un projet artistique ou les plus originales. Dans beaucoup de cas, ces images sont retravaillées pour ensuite être éditées, exposées.
Le travail de ces artistes ne repose plus, selon Clément Chéroux, également co-commissaire de l’exposition, sur le seul savoir-faire technique. « Ce sont des artistes plus proches de l'amateur éclairé ou du collectionneur, dont la création naît parfois d'un clic de souris. »
Quand les photographies trouvées sont présentées telles quelles, la légitimité de la démarche peut théoriquement s’appuyer sur celle du Ready-made de Marcel Duchamp.
Ces pratiques posent deux questions. Celle du copyright, d’abord... Qui en fait ne se pose pas dans la mesure où dans beaucoup de cas ces images sont retravaillées au point de devenir méconnaissables. « Personne n'est, non plus, l'auteur des photos de webcam. Il suffit d'en faire un tirage et la photo est de vous. »[1]
La deuxième question, essentielle : ces productions sont-elles des œuvres d’art ?
Oui s’il l’on tient pour vrai le postulat de Duchamp, l’idée que peut être art ce qui n’a pas requis des savoir-faire d’importance et que n’est pas art seulement ce qui est « beau ».
Toutefois, pour ces pratiques artistiques comme pour les autres, la reconnaissance de l’œuvre par les acteurs de légitimation du marché de l’art contemporain est requise (galeries, collectionneurs,...)
Claire Guillot conclue ainsi son article rédigé pour le Monde : « Dans cette exposition foisonnante, certains travaux sont répétitifs, d'autres semblent anecdotiques comparés aux ambitions des commissaires. Et la pauvreté visuelle des œuvres finit par fatiguer l'œil. Elles n'en posent pas moins un regard valable sur notre monde, dans ses aspects les plus vulgaires, triviaux et passionnants. »
Grid.flash.serieuze.zaken - Frank Schallmaier
Photographie vernaculaire ?
Le terme de vernaculaire appliqué à la photographie ne va pas de soi[1]. Photographie vernaculaire est ici utilisée au sens de "photographie faite sans aucune velléité artistique, utilitaire ou appliquée »[2] : les photos de ses propres enfants constituent un bon exemple sauf si elles sont réalisées par quelqu’un qui en fait un projet autre que celui de pouvoir les regarder lorsque les enfants seront partis.
La plupart de photographies déposées aujourd’hui sur Internet en sont aussi : il s’agit surtout de gestes de communication. Une photographie vernaculaire est « une photographie sans vocation artistique, (...) une production interne à usage interne. » Une définition conforme au sens de vernaculaire appliqué à «langue » pour lequel le terme a été créé : une langue vernaculaire est parlée à l’intérieur d’une communauté restreinte.
Le photographe Martin Parr auquel on doit la diffusion du terme de photographie vernaculaire, dit être un grand collectionneur de photographies vernaculaires : cartes postales, objets avec photos... Et il qualifie de vernaculaires, les signes descriptifs d’une photographie « qui informent sur une époque, une société. »[3]
[3] http://www.lemonde.fr/culture/article/2005/08/19/martin-parr-je-deteste-la-nostalgie-dans-les-images_681286_3246.html
Telerama.fr/ Oui on peut être photographe avec les photos des autres
Lemonde.fr/ Arles en déferlantes d'images sur Internet
Rue89 / Quand le Web bouscule l'art contemporain
Loeilenchambre / Google Street View les inspirent
Loeilenchambre / Nouvelle photographie
Syndrome insulaire : aux Açores - juillet 2011
Lumix de Panasonic
"Mélancolie joyeuse" à Lisbonne - juillet 2011
Le palais des marquis de Fronteira
La fondation Calouste Gulbenkian
Au Lumix de Panasonic
Sultanat d'Oman (3) (fonds de tiroir)
L’objet photographique : une invention permanente
Hippolyte Bayard - Portrait du photographe en noyé (1840) - positif direct sur papier
L'exposition "L'objet photographique : une invention permanente" propose de découvrir l'ensemble des dispositifs de prise de vue : contact, sténopé, objectif photographique..., et des processus de fabrication ou de modification des divers "objets" : positifs directs, négatifs, tirages..., qui constituent l'atelier du photographe.
Ces objets, résultats des possibilités techniques de chaque époque mais aussi de leurs contraintes, sont le reflet des perpétuelles mutations ayant jalonné l'histoire de la photographie. Les œuvres choisies montrent que création photographique et innovation technique sont intimement liées : chaque nouveau procédé a considérablement transformé l'aspect visuel des images.
Provenant d'institutions variées (Maison Européenne de la Photographie, Musée Carnavalet, Musée Bourdelle, Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, Maison de Victor Hugo, Bibliothèque historique de la Ville de Paris, Société Française de Photographie, Muséum national d'Histoire naturelle, Institut de France.) ou directement des artistes, les images historiques ou plus récentes sont rapprochées autour d'un même procédé et de ses variantes, afin de montrer les liens entre la pratique des pionniers de la photographie et celle des photographes actuels, utilisateurs de techniques alternatives qui leur permettent d'échapper à la domination des industries de l'image.
http://www.mep-fr.org/expo_1.htm
Vu de ma fenêtre - Niepce 1827 (sténopé ?)
I. La photographie monochrome
A. Le positif direct
Une image positive est obtenue directement lors de la prise de vue sans passer par une matrice négative (le négatif).
Au 19e siècle, la plus connue des techniques est le daguerréotype (une plaque de cuivre recouverte d’une fine couche d’argent...).
Ensuite, il a été développé des variantes moins coûteuses comme l’ambrotype (sur plaque de verre) et le ferrotype (sur plaque de fer)[1].
Dès 1839, le français Hippolyte Bayard présente un procédé permettant d’obtenir des positifs directs sur papier. Le papier argentique est d’abord noirci puis traité à l’iodure de potassium. Ce procédé fut surtout utilisé par Bayard lui-même, qui l’abandonne en 1846 au profit du système négatif-positif sur papier de Talbot.
Un négatif comporte des valeurs inversées : les blancs sont noirs, les noirs sont blancs.
Phénomène que connaissent bien ceux qui font de la photo noir et blanc argentique.
Vu aussi photogramme, sténopé
B. Matrices monochromes et tirages argentiques
1. Les négatifs
a) Le négatif sur papier
Dès 1840 Talbot invente le système négatif/positif => le calotype
Blanquart-Evrard perfectionne le procédé de Talbot.
b) Le négatif sur plaque de verre
Il est recouvert d’une émulsion sensible à la lumière et découpé en plaques de dimensions variables.
La couche sensible est constituée de sels d’argent mélangée à une substance qui adhère au support en verre. Cette substance, ou liant, est différente selon l’époque : on utilise chronologiquement l’albumine (Niepce 1848), le collodion puis la gélatine (depuis 1870).
c) Le négatif plastique
En 1884, George Eastman met au point les surfaces sensibles souples, et le film en celluloïd (la toute première matière plastique) permettant de stocker plusieurs images dans le magasin de l'appareil photographique, supplante la plaque de verre.
Gustave Le Gray - tirage sur papier albuminé d'un négatif de verre enduit de collodion
2. Les techniques de tirage argentique
a) Tirage par noircissement
Au 19e siècle, il est utilisé pour l’essentiel des tirages indirects. Le tirage indirect consiste à mettre en contact un négatif avec le papier de tirage, généralement dans un châssis-presse, et à l’exposer à la lumière sans révélateur (le tirage a la taille du négatif)
- Sur papier salé,
- sur papier albuminé,
Calotype de Talbot
b) Développement chimique avec des émulsions gélatino-argentiques
Sous un agrandisseur, on obtient une image latente, qu’on amplifie dans un révélateur chimique (procédé bien connu de toute personne qui a tiré des photos noir et blanc).
Vu aussi : planche-contact
b) Le travail sur le tirage
Les bains de virage modifient la tonalité (ex. sépia) et la stabilité des épreuves. Dès 1840, les photographes utilisent des bains aux chlorures d’or, aux sels de cuivre et le platine.
Certains colorient les tirages.
c) Le travail sur le négatif
- Dès le 19e siècle, on utilise des masques pour rééquilibrer les valeurs entre toutes les zones de l’image (également un classique du labo photo en noir et blanc).
- Des photomontages par assemblage de négatifs sont également réalisés. Par exemple Gustave le Gray combinent systématiques deux négatifs pour ses « marines », l’un pour le ciel, l’autre pour la mer (qui nécessitent des temps de pose différents) afin d’obtenir un rendu du ciel aussi riche que celui des flots.
- La solarisation
- Le grattage à la pointe sèche.
3. Les techniques de tirage non argentiques
Procédés pigmentaires dit « permanents » :
- le cyanotype qui donne une image bleue (dès 1840)
- le platinotype
Adolphe Braun - Tirage au charbon (1870)
Atget 1907 - positif papier albuminé depuis un négatif de verre enduit de gélatinobromure
II. La photographie couleurs.
A. Le principe de toutes les méthodes
Toutes les méthodes de restitution des couleurs sont dites « indirectes », sur le principe de la trichromie proposé par Ducos du Hauron et Cros dès 1862, lequel s’appuie sur la décomposition de la lumière blanche en trois couleurs primaires.
Pour obtenir la photographie polychrome, on superpose trois images monochromes distinctes d’un même sujet, obtenues avec des filtres et des papiers de couleurs différentes.
B. Les positifs directs
1. Les plaques autochromes des frères Lumière
Voir Magiques autochromes du musée Albert Kahn
2. Le polacolor (Polaroïd 1963-2008)
3. Les diapositives Kodachrome
Un diapositive = un film inversible
Agen par Ducos du Hauron (1870)
C. Les matrices des tirages couleurs
1. Les pellicules négatifs ou les diapositives
2. Les fichiers image
Obtenus à partir d’une source analogique numérisée (capteur électronique sensible à la lumière)
D. Des tirages photochimiques aux tirages numériques
Réalisés sur papier puis sur plastique
1. Tirages chromogènes et tirages à destruction de colorants Cibachrome/Ilfochrome
Le Nec pour le noir et blanc : tirage Dye Transfer (Kodak jusqu’en 1994) : à partir d’une diapo, sur papier Baryté et gélatiné
2. Tirage jet d’encre
Le Nec : impression pigmentaires "fine art"
Man Ray - Portrait solarisé de Meret Oppenheim
Abécédaire des procédés photographiques (ARCP)
Pour prolonger l’exposition
- à paraître en juin 2011 : Photo poche /Actes Sud : L'objet photographique sous la direction d’Anne Cartier-Bresson, commissaire de cette exposition, directrice de l'ARCP (Atelier de restauration et de conservation des photographies de la Ville de Paris).
- Quentin BAJAC L'Image révélée, l'invention de la photographie Découvertes Gallimard - Une chronologie, enrichie de nombreux documents, des cinquante premières années de la photographie. L'auteur en explore les multiples usages et le statut d'art que les photographes tentent de lui faire reconnaître.
Polanoid.net (collection de photos au polaroïd)
N.B. Aucune des photos illustrant ce billet n'est accrochée dans cette exposition.
Sultanat d'Oman (2)
Bande de lecture Nikon scannée sur HP Deskjet3050
Pascal Meunier Reportage Oman, sultans des mers






















































































































